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Paulhan et Rene, une époque, deux perceptions de Madagascar, deux entreprises littéraires
  Centre de recherche Ecritures, EA 3943
Université Paul Verlaine
Ile de Saulcy   Metz
Idées et représentations coloniales dans l’Océan Indien
Saint-Denis, La Réunion, 1er octobre 2007. 

            Madagascar, pour les Européens, c’est un truisme de le redire, est au sens propre à l’autre bout du monde si bien que la perception qu’ont pu en avoir les Français passa donc toujours par les voyageurs et les traces écrites que ceux-ci laissèrent. L’époque coloniale, en envoyant davantage de militaires, de colons, de fonctionnaires, élargit considérablement l’éventail de ces intermédiaires. Parmi les documents de diverses natures qui ont façonné les représentations de cette Ile complexe, les correspondances  privées contiennent sans doute les mots les plus sincères. Adressées souvent dès l’arrivée, elles se font l’écho à chaud des impressions et de la mise en place d’une nouvelle vie à destination d’un public qu’il faut certes rassurer mais pour lequel il n’est point besoin de faire sans cesse des effets. La correspondance d’écrivains qui ont mis en scène par ailleurs ce dont ils rendent compte dans leurs lettres constituent donc, il nous semble, un des meilleurs lieux à analyser pour comprendre comment s’est forgée chez les scripteurs une représentation qui a ensuite nourri leur écriture et forgé durablement l’imaginaire européen sur Madagascar. Charles Renel (1866-1925) et Jean Paulhan (1884-1968) furent deux personnalités du monde colonial  et littéraire dont les écrits sur Madagascar rencontrèrent, à des époques différentes, un grand succès. Nous analyserons ici leurs correspondances[1] car elles sont exactement contemporaines, entre 1907 et 1910, le temps de son séjour malgache pour Paulhan, celui de Charles Renel se prolongeant jusqu’à sa mort en 1925. La correspondance de Paulhan, volumineuse, déjà parue sous forme de fragments en 1982[2], vient d’être publiée intégralement avec en France[3] tandis que celle de Renel, en grande partie disparue dans les bombardements de sa maison familiale, demeure inédite. L’un comme l’autre fut au service de l’enseignement, apprit la langue malgache et s’attela à des tâches de collectes de ce qui est désormais nommé la littérature orale ou littérature traditionnelle malgache, les contes, les proverbes et les joutes poétiques. A des époques et dans des milieux différents, ils contribuèrent à créer dans l’imaginaire français un Malgache qu’ils avaient cru voir et comprendre avant de le représenter dans leurs textes. C’est la force et la persistance de leurs images qui nous a incitée à entreprendre cette analyse.  
 
1 : Une époque, deux trajectoires
1.1  : Le contexte
Jusqu’à 1896 et la conquête militaire de Madagascar par la France, les missionnaires protestants anglais et norvégiens, présents depuis 1820 ont ouvert des écoles, des hôpitaux, fixé la langue, collecté les traditions, suscité des écrivains, formé des cadres[4] en anglais et en malgache. Leur influence de plus de 80 ans d’action s’étend à tous les domaines de la vie politique, sociale, économique, spirituelle et artistique. Galliéni, premier gouverneur général, avait vu et compris que celle-ci était déjà profonde. Dès son arrivée, il considère comme une priorité d’imposer la langue française d’une part et une distance entre les écoles et les églises d’autre part[5]. Il parle de « franciser l’île »[6] par un
« programme d’enseignement qui est en même temps d’ordre politique et religieux » en vue de « les affranchir des préjugés et des méfiances dont ils s’étaient imprégnés sous leur ancien et despotique gouvernement, de manière à les transformer en auxiliaires et collaborateurs pour l’œuvre française et économique que nous avons entreprise.[7]
  Son successeur, Augagneur, qui arrive en 1904, l’année de cette lettre, poursuit cette entreprise en accentuant la lutte contre les écoles chrétiennes. Car violemment anti-clérical de part son appartenance à la franc-maçonnerie, il adopte une véritable stratégie d’étouffement des missions. En France, l’idéologie coloniale quasi unanimement partagée croit en la hiérarchie des races et en l’avance de l’Occident dans cette marche ininterrompue et progressiste de l’humanité.
  Paulhan et Renel, non religieux, envoyés par une République laïque conquérante, sont des ambassadeurs de ce système en train de se mettre en place dans une société modelée par des modèles autochtones qui ont depuis plus de 80 ans subi d’autres influences.
 
1.2 : Deux trajectoires
  Charles Renel, originaire d’Epinal, soutient un doctorat de sciences religieuses en 1898 puis est  maître de conférences à l’université de Besançon et professeur de philologie à la faculté des lettres de Lyon. En 1907, Victor Augagneur, comme lui lyonnais et franc-maçon, le nomme directeur de l’enseignement à Madagascar pour trois ans. Il restera 19 ans en poste, jusqu’à sa mort en 1925 avec seulement des périodes de congé en France[8]. Il a pour mission d’imposer l’enseignement laïc et francophone sur toute l’île. Selon les zones, il s’agit d’ouvrir des écoles et des centres de formation professionnelle ou de lutter contre les écoles confessionnelles déjà installées pour imposer une laïcité associée à la France républicaine. Il « ouvre » ainsi 820 écoles[9]. Sa correspondance, l’abondance de son œuvre, la durée de son séjour, la descendance malgache qu’il y laissa, sont autant d’éléments qui marquent son enracinement dans l’île.   
   Paulhan a 20 ans de moins. Il est le fils unique d’un père philosophe ami de Lévy-Brühl qui écrit mais semble ne pas gagner se vie et d’une mère protectrice qui cherche à faire vivre la famille en ouvrant une pension de famille. Dans ce contexte quelque peu étouffant, le jeune Paulhan est rêveur. En 1906, à 22 ans, il obtient une licence de lettres et philosophie mais échoue à l’agrégation en 1907 et cherche à explorer des pays lointains. Il commence à apprendre le chinois, pense à Salonique quand il obtient un poste à Tananarive[10]. Il est chargé d’enseigner le français aux enfants de colons dans un établissement public, le collège de garçons, qui vient d’ouvrir. Il reste en poste 33 mois au cours desquels, le gouverneur ne lui confie aucune autre mission spéciale[11] malgré son acquisition de la langue. Restant à l’écart des lettrés malgaches, redoutant le contact avec les missionnaires anglais qui travaillent depuis longtemps sur les littératures traditionnelles, il porte toute son énergie à la collecte de proverbes et de poésies, les hain-teny, qu’il classe et traduit en vue de publications. Sa correspondance atteste de sa méconnaissance totale des milieux lettrés malgaches ; il fréquente quelques vieux, les domestiques et les concubines malgaches et les fonctionnaires coloniaux de la capitale. Il rentre à Paris en 1910 pour enseigner le malgache à l’école des langues orientales au moment où son supérieur Renel était décidé à le licencier[12]. Jusqu’à sa mort en 1968, il se dira spécialiste de Madagascar mais, directeur des plus célèbres revues littéraires françaises, mentor de très nombreux écrivains, il ne publiera jamais sa thèse ébauchée sur Madagascar et ne lancera pas d’auteurs malgaches. Son séjour de jeunesse, véritable parenthèse de formation, ne suivi d’aucun autre et si toute sa vie il continue à donner des conférences sur Madagascar, rien n’indique qu’il soit resté en contact avec des Malgaches, écrivains ou non.  
 
1.3 : La rencontre
Mutés presque ensemble à Tananarive, la hiérarchie fait de Renel le supérieur de Paulhan. Alors que l’aîné parle du gouverneur général Augagneur mais ne mentionne jamais le jeune professeur débutant, celui-ci cite à maintes reprises l’accueil dont il bénéficie:  
Renel est très bien. Il est l’intellectuel costaud. Il a un gros ventre et il a toujours l’air de marcher de travers. Mais il rit comme une bête féroce et il a de grandes belles dents. Il joue très bien au tennis et  aux boules. Il a tout à fait les mêmes opinions que Papa, en littérature et en art ; ou presque. […] Ils  m’invitent parfois à dîner et je suis très content d’aller chez eux. Ce sont les mieux de tous ici…[13]
Une après-midi très bonne. On a joué aux palets, au tennis. Madame Renel a joué et a chanté. Il y avait d’autres invités, bien inférieurs aux Renel. Mais j’ai beaucoup de plaisir à les voir et à causer avec eux. [14] 
   En avril 1909, l’opinion de Paulhan change, Augagneur et Renel (qui appartiennent à deux loges maçonniques différentes[15]) paraissent ne plus s’entendre et il confie à sa mère :
Imagine toi que depuis que le collège existe, Renel ni le gouverneur n’y sont pas encore venus une seule fois, ni voir comment marchaient les classes, ni rien. Renel est un homme heureux, il ne connaît pas un mot des règlements français. Il ne sait pas le malgache. Il joue au tennis et organise une exposition d’art malgache pour pouvoir rapporter en France quelques souvenirs. Et pour le reste, il s’en remet à Augagneur, qui s’en remet à Poiret.[16] 
  Puis il parle du « tyran » (378) dont « l’œuvre est nulle » (379) et, voulant critiquer un trésorier-payeur trouve cette comparaison : « il s’intéresse et il s’entend au trésor à peu près comme Renel à l’enseignement. » [17]
   Nous pouvons donc dire que la rencontre entre les deux hommes n’a créé entre eux ni lien de confiance ni collaboration intellectuelle ou littéraire. L’un et l’autre mais dans des positions différentes ont observé assidûment les Malgaches en rendant librement compte de leurs interprétations dans leurs correspondances.
 
2 : De l’œil à la plume
2.1: Le regard sur les Malgaches
   En 1907, Renel écrit à sa famille « presque tout est à faire ici »[18] et l’année suivante parle de « cette terre neuve et pittoresque »[19]où il se lance dans une action administrative demandée mais en laquelle il croit. Il se révèle un observateur curieux, circule partout, va dans les spectacles populaires, le hira gasy qu’il appelle « théâtre en plein air à l’usage des indigènes[20] », effectue de longues « tournées d’études personnelles en même temps que d’inspection administrative »[21] dans toutes les provinces[22] et s’attache des collaborateurs qui recueillent des contes et de nombreuses traditions.  Il résume pour son oncle le sentiment d’étrangeté qui l’habite :
Des mers et des mers nous séparent, et des pays étranges habités par des peuples qui n’ont rien de    commun avec nous et parmi lesquels nous passons en voyageurs sans presque rien pénétrer d’eux.                 Comme nous chérirons, quand nous quitterons l’île lointaine, notre terre de France et nos frères de race et de sang. [23]
   Il insère dans ses romans des remarques sur les amours et leurs limites avec des femmes malgaches : « toujours elles demeurent la maîtresse exotique, séparée du blanc par un mur, non pas de verre, mais d’airain »[24].
   Pour Paulhan aussi, l’étrangeté des Malgaches reste leur première caractéristique[25] : « c’est un peuple étrange, qui n’est ni noir, ni jaune, ni blanc et qui a l’air de venir d’un autre monde » (246). Il ne cesse de trouver « étranges » des comportements dont les motifs lui échappent totalement comme le don d’une pièce d’argent à l’occasion d’un décès (363), la technique de construction d’une maison (277), le statut de la femme (280), ou du malade (246), les habitudes culinaires (378) ou matrimoniales (143, 260, 280). Soupesant les avantages des femmes de diverses conditions, il conclut par : « les femmes esclaves sont mieux. Elles ont de longues figures maigres et bien noires et un air humble et sauvage» (144).
   Les deux associent étroitement la rencontre et l’étude dans un souci constant de parvenir à des catégorisations ethniques et sociales qui satisfont leur esprit cartésien. Renel parle des Merina[26] comme d’un « peuple extrêmement sympathique, très doux et très gai, heureux de vivre, curieux et imitateur, tout disposé à accepter les idées et les mœurs des Européens »[27], des Sihanaka[28] comme « de vrais sauvages […] la race est intelligente et douce »[29]. La race inconnue juxtapose une série de portraits et d’anecdotes qui mettent en scène des Malgaches des différentes régions, le métis, l’esclave, le bourjane, le dernier des fahavalou, Renel présentant ainsi la typologie des caractères telle qu’il l’a organisée. Dans l’introduction au premier volume des Contes, il ose ce jugement :
La race malgache présente, à un haut degré, des qualités intellectuelles rares chez les demi-civilisés et qu’on s’est habitué à rencontrer surtout parmi les populations blanches antiques ou modernes, du bassin    de la Méditerranée […] ils possèdent une imagination vive, vraiment poétique, apte à comprendre et à fixer les correspondances des choses, les Malgaches ont de l’esprit.[30]
  Paulhan profère des interprétations à partir de ses observations telles que « ils n’ont pas le sentiment de la paternité » (143), « ils ne savent pas du tout supporter le froid. Ils ne songent pas à courir pour se réchauffer » (171), « ils n’ont aucune idée de questions sociales […] pas d’idées morales actives » (191), « ils n’ont pas eu de philosophes ni d’apôtres et les idées de paysans sont très vagues en général sur ces points [l’immortalité de l’âme][31] » (162). Pour lui, les Sakalaves ne sont « que des sauvages» (229).
   Dans une perspective positiviste, Renel ne cesse de comparer les Malgaches aux peuples antiques qu’il a étudiés. Quand il visite Ambohimanga, qu’il sait dater du XIXè siècle, il y voit une « forteresse barbare » et ajoute « je me figure que les fermes fortifiées construites en Gaule par nos barbares ancêtres au VIè ou au VIIè siècle devaient être à peu près analogues. »[32] Paulhan observe ses porteurs qui « se tiennent comme les dieux égyptiens ». L’un comme l’autre ne cesse d’en appeler à cette étrangeté qui les empêche, leurs textes l’expriment sans cesse, d’entrer dans la vision du monde malgache. Rationnels, ils ne peuvent croire en une autre logique que la leur et n’hésitent pas transformer en pittoresque naïf les systèmes qui leur échappent, qualifiant les croyances des Malgaches de « légendes » (P., 377).
 
2.2  : Le biais de la langue
   Quoique Paulhan en dise dans une de ses lettres, Renel a appris le malgache dès son arrivée[33], jusqu’à traduire avec ses collaborateurs les contes recueillis au cours des nombreuses et lointaines tournées. Paulhan se met aussi au malgache, ses lettres sont remplies de l’état de ses progrès au contact d’un vieux répétiteur. Il s’entoure de vieux dans la perspective de recueillir ainsi un état ancien (donc pur) de la langue[34]. Il accorde une importance extrême au Brevet auquel il est reçu en juin 1909 (341). Dès mars 1908 il écrit : « je commence à devenir très fort en malgache […] c’est une langue très douce, gracieuse, surtout comme je la prononce »[35] mais ses remarques sur les expressions imagées montrent qu’il se méprend sur leur usage. Son ambition est de pénétrer la pensée en maîtrisant la langue mais il rapporte par exemple les souhaits de bonne année en les interprétant: « D’abord on entre et on se souhaite d’être rattrapé par beaucoup d’années comme celle-ci (car les Malgaches pensent que ce sont les années qui courent et les hommes qui restent à peu près immobiles).[36] »
Il en arrive à prétendre : « La vie des Hovas, les matériaux premiers des idées, animaux, plantes, pays sont ici si simples que l’on peut suivre dans tous ses détails la vie d’une idée générale.[37] »Dans les années 1930, alors qu’il tente toujours de rédiger sa thèse, il la commence ainsi :
J’ai passé trois années, de 1907 à 1910, à Madagascar, demeurant dès le premier jour dans une famille malgache, prenant part à ses travaux et assez vite – autant qu’il me semble- à nombre de ses soucis et de ses pensées. [38]
  Les deux écrivains, dans la tradition coloniale de l’investigation, sont arrivés à un maîtrise certaine de la langue et ont cru que par elle, ils avaient atteint et compris non seulement les pensées mais leur élaboration. Dès lors, chacun n’avait de cesse de rendre compte de ses découvertes par des publications.
 
2.3 : Deux projets d’écriture
   Renel a déjà écrit de nombreux articles et ouvrages quand il arrive à Madagascar : sa thèse où il rapproche la légende védique des Açvins du mythe grec des Dioscures, L’évolution d’un mythe (1898) et de nombreuses études sur les religions anciennes de la Grèce (Les idées religieuses et morales de Bacchylide, 1898), Rome (Les cultes militaires de Rome, 1903), la Gaule (Les religions de la Gaule avant le christianisme, 1905). A peine arrivé, Renel, qui ne connaît encore rien du pays de son propre aveu, pense déjà écrire sur lui. En février 1907 il écrit  « Nous avons assisté deux fois déjà à des danses et chants populaires en plein air, dans des villages un peu éloignés ; c’était tout à fait pittoresque et je projette un article là-dessus pour une Revue française »[39] et en avril  « je fais aussi recueillir par les instituteurs indigènes les traditions du folklore malgache que je publierai à mon retour. J’aurai à le traduire d’abord »[40]. Dans la même lettre, il assure « j’ai déjà des notes de quoi écrire un ou deux volumes. Je suis donc sûr de rapporter du travail en France pour plusieurs années». Tout en résidant à Tananarive, il publie en France trois recueils de Contes de Madagascar[41] (le dernier est posthume) traduits par lui-même, des portraits (La race inconnue, 1910) et plusieurs romans qui se déroulent en divers milieux de Madagascar[42] (1913), . Il publie à Tananarive des études, La coutume des AncêtresLes amulettes malgaches (1919), Les religions de Madagascar, Ancêtres et dieux (1923). Si son œuvre romanesque est personnelle, Renel n’hésite pas à citer ceux qui l’ont précédé dans ce travail de collecte[43] et de décryptage de la culture malgache et souligne sans cesse le caractère collectif du travail abouti dans les autres ouvrages. En préface aux Amulettes malgaches, il écrit :
Je profite de l’occasion qui m’est offerte pour remercier ici tous mes collaborateurs indigènes ; Le livre        est en partie leur œuvre : s’ils eussent été moins nombreux, j’aurais eu plaisir à donner leurs noms      chaque fois que j’utilisais leurs notes.[44]  
   Paulhan, à 22 ans, n’a rien écrit en France mais entreprend très vite des projets d’écriture qu’il présente comme personnels. Contrairement à Renel, il ne donne aucune importance à ses collaborateurs, laissant au contraire entendre qu’il est un « découvreur ». Sur les proverbes, traduits depuis des décennies par les Anglais, il dit : « il n’y a pas un seul vazaha[45] qui en sache autant que moi »[46]. Pétri de rationalisme, il se targue d’être, dans ses futurs publications, « le premier à étudier, de manière scientifique, ce qu’ont été les Malgaches[47] » car, comme pour Renel, toute « découverte » se transforme en projet de publication :
J’avance dans les proverbes. Il m’en manque un peu moins de 1000 à expliquer. Peut-être je chercherai après à faire un article sur les animaux dans les proverbes malgaches. Mais c’est un peu restreint parce qu’il y a ici très peu d’animaux. [48]
   C’est que le jeune Paulhan n’a pas de carrière encore tracée et cherche à construire une image de lui en imaginant déjà titre et sous-titre pour un volume de hain-teny « réunis et ordonnés par J.Paulhan.ca fera très bien sur la couverture. Puis c’est honorable d’avoir publié un livre[49] ». Un an après son arrivée, il parle déjà d’une thèse sur les proverbes (222), thèse qui portera ensuite sur les hain-teny et qui restera toute sa vie en projet, quelques fragments en ayant été publiés dans des revues françaises, puis il envisage un numéro entier du Bulletin de l’Académie malgache sur les hain-tenys (460) qui ne verra pas non plus le jour. Renel a donc publié beaucoup plus que Paulhan et a traité de questions plus larges et plus variées, le genre des contes, les aspects ethnologiques et anthropologiques des croyances, enfin il a livré des analyses des divers milieux coloniaux dans ses romans. 

3: Réception et impact
3.1: Trajectoire des œuvres en France
   Renel, fort de ses titres universitaires et de son poste important dans la colonie, est publié chez Grasset (La race inconnue, 1910), Flammarion (La fille de l’île rouge, 1923), Leroux (Contes) et lu avec succès dans cette période où la littérature coloniale est en vogue. Il se place lui-même dans la filiation de Loti, explorant l’attrait qu’exercent les lieux et personnes exotiques sur l’Européen[50]. A sa mort en 1925, le journal local Le Madécasse situe ainsi Renel dans le paysage littéraire colonial :
Il restait dans la bonne tradition classique, rien du fauve littéraire […] ses romans reflètent exactement le milieu indigène de Madagascar. Nous n’avons qu’un seul romancier madécasse, c’est Monsieur Renel.[51]
  Sa filiation intellectuelle est passée par les canaux de l’enseignement officiel, ses collègues puis les élèves de ceux-ci dont Albert Rakoto-Ratsimamanga  qui dit de lui qu’il était « un des rares Français du début de la colonisation à comprendre les Malgaches »[52]. Jacqueline Ravelomanana, historienne de l’éducation à Madagascar, qualifie l’œuvre de Renel d’ « offensive anti-missionnaire » qui, élitiste, a mis en place des « processus acculturatifs »[53]. Renel marqua profondément la diffusion de la littérature traditionnelle malgache en ce que les publications de contes prennent bien souvent leur source dans ses volumes mais sans que mention soit faite de son nom. Il n’a en effet pas publié de commentaires sur ceux-ci comme Paulhan le fit durant 50 ans sur les proverbes et les hain-teny. Associé à ce que la colonisation produit de plus radical, le nom de Renel ne figure plus aujourd’hui que sur un collège de Majunga.
   Paulhan, rentré en France en 1910, publie en 1913, les poésies traduites précédées d’une large introduction et d’un appareil de notes conséquent sous le titre  Hain-teny merina[54]. Le texte est repris sans l’appareil critique chez Gallimard en 1939 et à Antananarivo[55] en 1991 où il circule toujours. Il occupe ensuite de nombreuses fonctions dans le monde littéraire, développa une correspondance immense[56] et donna partout des articles et des conférences sur le même sujet, articles qui consistaient souvent en bribes de cette thèse jamais achevée[57]. Parlant en son nom, n’étant pas associé à l’administration coloniale du fait de la brièveté de son séjour alors qu’il en était proche[58], il se prévalut sans cesse de sa qualité d’expert de la pensée malgache même au-delà de l’indépendance quand des linguistes et des littéraires comme Siméon Rajaona et Régis Rajemisa-Ramelison établissaient des histoires littéraires où il ne figure pas. Paulhan n’entra jamais en dialogue avec les intellectuels et chercheurs malgaches et continua à diffuser ses interprétations sans contradicteurs. En 1936, il parlait d’un « peuple indolent, aimant et aimable »[59] et en 1970 est publié un texte resté inédit sous le titre Le repas et l’amour chez les Merinas qui s’ouvre par « les Merinas s’y montrent doux, intelligents et peureux »[60].  C’est ainsi que sa vision a construit une image tenace du Malgache doux, poète, incapable d’entrer dans une logique rationnelle, un Malgache construit à partir d’une expérience merina fascinante pour un jeune homme occidental qui ne pouvait imaginer ce qu’il représentait aux yeux de ceux qu’il pensait être des interlocuteurs.
   Les lecteurs de Paulhan, Malgaches francophones quelque peu éloignés de la culture traditionnelle, assurèrent sa renommée. Flavien Ranaivo parle d’ « influence du maître» qui lui fit redécouvrir sa « culture originelle » [61] et reconnaît qu’il sut « révéler au monde littéraire » français la valeur poétique des hain-teny. Plus proches, Bakoly Ramiaramanana-Domenichini peut être considérée comme le successeur de Paulhan puisqu’elle a poursuivi toute sa carrière l’exploration des sources et des sens des proverbes et des hain-teny. La thèse, publiée en 1983[62], présente une analyse beaucoup plus fouillée du genre littéraire et de la société malgache. Malgré sa  publication en France, elle ne peut infléchir dans le public lettré français la vision simpliste de Paulhan dont elle reconnaît « l’inestimable valeur de ses travaux[63] » tout en avouant qu’ « il n’a pas parfaitement réussi » à en dissiper l’obscurité. .   
   Le linguiste Jacques Faublée rappelle dans un article de 1979 comment les communications de Paulhan inspirèrent dans les années 1920 d’autres orientalistes, Gabriel Ferrand et la Malaisie, Granet et la Chine[64]. Aujourd’hui, les lettrés malgachisants ne s’intéressent pas du tout aux interprétations de Paulhan qui est totalement ignoré dans les recueils[65] et comme en atteste un ancien conseiller culturel français, Adrien Le Bihan : « je m’attendais à vois ses Hainteny dans toutes nos bibliothèques, je n’en n’ai pas trouvé un seul exemplaire »[66].
 
 Conclusion
   Nul doute que Renel, qui a publié beaucoup plus de travaux que Paulhan et qui est parvenu à une plus grande connaissance de l’ensemble du pays, n’ait été ressenti par Paulhan comme un concurrent sérieux dans le domaine. La différence de génération, qui aurait pu ne faire de ce dernier qu’un jeune en cours de travaux, l’a laissé seul du binôme mais non seul parmi les orientalistes (il se donne lui-même ce titre). Paulhan se trahit quand il s’exclame à propos de Rabaté, nommé pour diriger l’Ecole Normale indigène fondée par Renel :
Tout de même j’ai été vexé de le voir arriver. Et j’ai été naturellement assez froid avec lui les premières fois. J’ai un peu l’impression que Madagascar est maintenant à moi et qu’il me vole quelque chose. [67]  
   L’un et l’autre ont contribué à entretenir un intérêt pour la Grande Ile. Mais Renel n’ajouta jamais à ses publications de commentaires ou des correspondances. Paulhan resta fixé sur des impressions fixées dans sa jeunesse ; c’est son poids dans les lettres françaises qui lui permit de taire les autres intervenants possibles sur le sujet et de persévérer en parlant en 1936 de « mentalité primitive »[68] et de rester l’unique interférence entre les lettrés français et la littérature malgache.

Bibliographie :

  • Martine Chalvet, L’enseignement à Madagascar de 1906 à 1968, brochure conservée par l’Académie des sciences d’outre-mer, Paris, 1986.
  • Jean Paulhan, Hainteny merina, Paris, Geuthner, 1913, Paris, Gallimard, 1939, Antananarivo, Foi et Justice, 1991,  fac-similé de l’édition de 1913, Paris, Geuthner,  2007.
  • Jacqueline Paulhan (présentation de), Cahiers Jean Paulhan, Jean Paulhan et Madagascar, 1908-1910, Paris, Gallimard, 1982, 414 p.
  • Jean Paulhan, Lettres de Madagascar, annotations de Laurence Ink, Paris, Editions Claire Paulhan, 2006, 535 p.
  • Bakoly Ramiaramanana-Domenichini, Du ohabolana au hainteny, langue, littérature et politique à Madagascar, Paris, Karthala, 1983, 665 p.
  • Flavien Ranaivo, Hommes et destins, Madagascar, Paris, ASOM, 1979.
  • Jacqueline Ravelomanana, « La culture scolaire : l’exemple du lycée Jules Ferry de Tananarive (1924-1972), communication du 13 novembre 2003, Bulletin de l’Académie malgache, tome LXXXII / 1-2, Antananarivo, 2003.
  • Jacqueline Ravelomanana, Histoire de l’éducation des jeunes filles malgaches du XVIè au milieu du XXè siècle, Antananarivo, Antso, 1995.
  • Charles Renel, Contes de Madagascar, introduction  de Maurice Pottecher, Paris, Leroux, 3 tomes, 1910 - 1930.
  • Charles Renel, La Race inconnue, Paris, Grasset, 1910.
  • Charles Renel, Le Décivilisé (1923), réédité présenté par Nivo Gallibert, La Réunion, Grand Océan, 1998.
  •  Charles Renel, La fille de l’Ile rouge, Paris, Flammarion, 1924.
  • Charles Renel,  L’oncle d’Afrique ou la Métisse, Paris, 1926, réédité annoté et commenté par Claude Bavoux, La Réunion, Orphie-Grand Océan, 2005.
  • Charles Renel,  Amulettes malgaches, sans indication d’éditeur, Tananarive, 1919.  
  • Jean Valette, « Note sur quelques documents inédits destinés à saisir la pensée religieuse de Galliéni », Bulletin de l’Académie malgache, tome XLIV-2, 1966, Tananarive, 1968.
Résumé

Charles Renel (1866-1925) et Jean Paulhan (1884-1968) séjournèrent en même temps à Madagascar entre 1908 et 1910 puis écrivirent sur sa culture durant toute leur vie, influençant durablement l’image de la grande Ile en France. Tous deux enseignants, ils n’entrèrent pas en contact avec le pays avec les mêmes dispositions d’esprit. Alors que Paulhan, jeune homme de 23 ans, resta 33 mois sur place (1908-1910), Renel, docteur en histoire des religions, dirigea la mise en place de l’enseignement français laïc durant plusieurs années et vécut jusqu’à sa mort à Madagascar. Les deux hommes étudièrent le malgache mais le premier s’en tint à la collecte des proverbes et des hain-teny alors que le second publiait de nombreux romans, recueils de contes, ouvrages d’ethnologie. Le premier, jouissant d’une légitimité dans les milieux littéraires parisiens, eut une profonde influence à long terme sur le lectorat français et des générations de jeunes Malgaches avec son recueil Hain-teny merina (1913, 1939, 1991), le second connut le succès lors de la parution de ses ouvrages mais ceux-ci tombèrent dans l’oubli jusqu’aux rééditions récentes du Décivilisé (1998) et de L’oncle d’Afrique (2005).
Nous nous proposons de comparer les regards et les postures adoptées par ces deux écrivains qui se croisèrent et s’inspirèrent toute leur vie de Madagascar. A partir de leurs œuvres et de leurs correspondances familiales (rééditée en 2007 pour Paulhan, inédite pour Charles Renel), nous nous demanderons comment la formation de ces intellectuels orienta et nourrit leur curiosité et leur écriture, comment leur statut et le milieu dans lequel ils vivaient détermina leur rapport à l’altérité malgache et pourquoi les œuvres de l’un et de l’autre connurent des réceptions si divergentes.
 
NOTES


[1] La correspondance de Paulhan s’étend du 13 décembre 1907 au 20 octobre 1910 et les lettres de Charles Renel  entre le 7 février 1907 et le 24 décembre 1913.
[2] « Cahiers Jean Paulhan », Paris, Gallimard, 1982, 414 p.
[3] Lettres de Madagascar, annotations de Laurence Ink, Paris, Editions Claire Paulhan, 2006, 535 p..
[4] Essentiellement des enseignants, des pasteurs, des artisans et des médecins. 
[5] Jacqueline Ravelomanana, « La culture scolaire : l’exemple du lycée Jules Ferry de Tananarive (1924-1972), communication du 13 novembre 2003, Bulletin de l’Académie malgache, tome LXXXII / 1-2, Antananarivo, 2003, p.395-400.
[6] Lettre du 19 août 1897, cité par Jean Valette, « Note sur quelques documents inédits destinés à saisir la pensée religieuse de Galliéni », Bulletin de l’Académie malgache, tome XLIV-2, 1966, Tananarive, 1968, p.187-189.
[7] Lettre du 12 avril 1904 citée par Jean Valette.
[8] Martine Chalvet, L’enseignement à Madagascar de 1906 à 1968, brochure conservée par l’Académie des sciences d’outre-mer, Paris, 1986. Les périodes d’absence de Renel sont signalées par Paulhan, Lettres, p.415 et 487.
[9] Maurice Pottecher, introduction aux Contes de Madagascar, Paris, Leroux, 1930, p. I-XII.
[10] Notice « Jean Paulhan » in Flavien Ranaivo, Hommes et destins, Madagascar, Paris, ASOM, 1979, in p.356-357. 
[11] « Si Augagneur était un type distingué, il n’hésiterait pas à me confier une mission importante et secrète à travers l’île, par exemple d’aller écouter les plaintes des Malgaches- ou de savoir ce qu’on pense de lui. », Lettres, p.341.
[12] Lettres, note a, p.503.
[13] 22 mars 1908, Lettres de Madagascar, p. 126.
[14] 18 août 1908, Lettres de Madagascar, p.239. idem p.353.
[15] Lettres, note 4, p.308.
[16] 10 avril 1909, p.303.
[17] 1er mai 1909, p.316. JP accuse  Renel d’être la cause de ces problèmes, lettre du 16 juin 1909, p.342.
[18] Lettre du 17 février 1907.
[19] 1er septembre 1908. .
[20] Lettre du 17 février 1907.
[21] Lettre du 8 avril 1907.
[22] « Voici mes projets actuels pour 1908 : au mois d’avril ou commencement mai, tournée dans l’Ouest vers le pays sakalava (10 jours environ) ; en mai, tournée dans le Nord dans la région du lac Alaotra […] ensuite grande tournée de deux mois (probablement août et septembre) jusque vers Fort-Dauphin dans l’extrême-sud : je descendrai par les régions montagneuses et je remonterai le long de la côte. ». Lettre du 12 mars 1908.
[23] Lettre du 17 février 1907.
[24] La Race inconnue, Paris, Grasset, 1910, p.142.
[25] La présentation de sa correspondance à Antananarivo par Laurence Ink reprend ce terme : « De retour sur la terre de ses propres ancêtres, il s’évertuera à faire découvrir à ses pairs la richesse, les étrangetés de la culture malgache. » Programme du Centre culturel Albert Camus, Antananarivo, février 2007.
[26] Population des régions centrales d’origine asiatique.
[27] Lettre du 17 février 1907.
[28] Population des bords du lac Alaotra, au Nord-Est de Tananarive.
[29] 15 juin 1908.
[30] Contes de Madagascar, 1ère partie, Paris, Leroux, 1910, p. XIII.
[31] La phrase précédente est : « Je ne sais pas si c’est tout à fait exact que les Malgaches ne croient pas à l’immortalité de l’âme. »
[32] Lettre du 8 avril 1907.
[33] « Le théâtre […] je ne pourrai l’étudier que quand je saurai le malgache. J’en ai commencé les premiers rudiments mais faute de temps à y consacrer, mes progrès ne sont pas très rapides. » Lettre du 17 février 1907.
« je fais dans cette langue des progrès rapides : je commence à lire et à me débrouiller pour la langue usuelle. » Lettre du 8 avril 1907.
[34] « Je travaille le malgache parlé. Et je continue à réunir des hain-teny. J’en ai déjà une belle collection et très précieuse au point de vue de la vieille langue. » 18 mai 1910. Lettres, p.460.
[35] 24 mars 1908, Lettres, p.129.
[36] Janvier 1910, Lettres, p.421.
[37] Janvier 1910, Lettres, p.422.
[38] Cahiers Jean Paulhan, op. cit. , p. 267. Le texte n’est pas daté mais la présentation l’estime à 1936.
[39] Lettre du 17 février 1907.
[40] Lettre du 8 avril 1907.
[41] Paris, Leroux, 1910 et 1930.
[42] Le Décivilisé (1923), réédité présenté par Nivo Gallibert, La Réunion, Grand Océan, 1998, La fille de l’Ile rouge (1924), L’oncle d’Afrique ou la Métisse (1926), réédité annoté et commenté par Claude Bavoux, La Réunion, Orphie-Grand Océan, 2005.  
[43] Il nomme Callet, Sibree et Dahle dans l’introduction aux Contes de Madagascar, 1ère partie, Paris, Leroux, 1910, p.VIII.
[44] Amulettes malgaches, sans indication d’éditeur, Tananarive, 1919.
[45] « Etranger » en malgache ; sous la colonisation le terme signifie « français ». 
[46] Lettres, p.398.
[47] Lettres, p.492.
[48] Lettres, p.400.
[49] Lettres, p.468.
[50] Analysant le charme de la femme merina, il introduit cette comparaison : « On revit avec elle les amours étranges peintes par Loti », La race inconnue, p.142.
[51] Le Madécasse, 16 septembre 1925, page de couverture. ASOM, Paris.
[52] Albert Rakoto-Ratsimamanga , « Charles Renel », notice in Flavien Ranaivo, Hommes et destins, Madagascar, Paris, ASOM, 1979, in p.460-461. 
[53] Jacqueline Ravelomanana, Histoire de l’éducation des jeunes filles malgaches du XVIè au milieu du XXè siècle, Antananarivo, Antso, 1995, p.257-258.
[54] Hainteny merina, Paris, Geuthner, 1913, réédition en fac-similé en 2007.
[55] Editions Foi et Justice.
[56] Les Cahiers Jean Paulhan publient plusieurs des lettres adressées à Paulhan en réponse aux Hain-teny. Parmi leurs auteurs, figurent Max Jacob, Appolinaire, Lévy-Brühl, Georges Duhamel, Jules Supervielle. 
[57] « La persistance du souvenir », cite ces articles, Cahiers Jean Paulhan, « Jean Paulhan et Madagascar », Paris, Gallimard, 1982, p.210-233.
[58] Il était proche des frères Marius et Ary Leblond dont il fit la connaissance en 1910, avec lesquels il collabora dans la revue dans la revue La Vie (1919-1920). Il figurait au comité d’honneur de la revue officielle Résonances du comité d’expansion culturelle de la France qui publia entre 1948 et 1958 et qui avait entre autres collaborateurs Marius Leblond. Cahiers Jean Paulhan, p. 218 et 224.
[59] Cahiers Jean Paulhan, p.269.
[60] Le repas et l’amour chez les Merinas, Paris, Fata Morgana, 1970, p.9.
[61] Conférence prononcée en 1949, Cahiers Jean Paulhan, p. 360.
[62] Du ohabolana au hainteny, langue, littérature et politique à Madagascar, Paris, Karthala, 1983, 665 p.
[63] op. cit., p. 279.
[64] « Hainteny merina et pantun malais », Cahiers Jean Paulhan,p. 399-400.
[65] Siméon Rajaona, Takelaka notsongaina, Fianarantsoa, Ambozontany, 2000, p.151-197.
[66] Retour de Lémurie, Paris, François Bourin, 1993, p.187.
[67] Lettres, p.209.
[68] Lettre à Lévy-Brühl citée par Bakoly Domenichini, op. cit. p.618.
 
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